'lut la meute,

Ce week-end se déroulait à la frontière Italienne la Stella Alpina.
Pour ceussent qui n'en aurait jamais entendu parler, il s'agit d'une
concentre qui a pour but l'ascension du col du Sommeiller par la piste à
partir de Bardonechia et à laquelle tous types de motos participent.
RDV était donc pris vendredi soir entre quelques Transalpistes chez
Saint Bernard du côté d'Avignon devant une paëlla gigantissima avant de
s'y rendre.
Je vous fais grâce de la soirée, ce fut morne et tout le monde est allé
se coucher très tôt (!!!) Bref, comme d'hab quand la Transalpie se
rencontre, quoi :)))
Le lendemain " matin ", les cigales ont repris le taf', il fait déjà
très chaud et devant un grand bol de café, nous regardons tous d'un oeil
glauque la carte mollement étalée sur la table de la terrasse innondée
de soleil.
Décision est prise de ....... descendre la table à l'ombre dans le
jardin :)))
Comme vous l'avez compris, le projet de rejoindre Bardonechia s'est peu
à peu ... évaporé ;)
S'en est suivi une après-midi éprouvante mais on a quand même résisté à
l'appel de la pétanque.
Vers 17:00, la Cuq's Family se motive pour aller visiter le Ventoux et
les gorges de la Nesque .... en 806 ( bah oui, à 3 sur l'Africa ça le
fait pas )
Laure-Ane n'étant plus là pour demander toutes les 5 minutes de remettre
le DVD de Cendrillon ni pour aller agacer les poissons rouges dans le
bassin, nous arrivons quand même à nous arracher de notre torpeur.
En moins d'une heure (!), Saint Bernard, Scarabée, Bakoko, Karine et moi
sommes fin prêts.
C'est bien sûr le Missile qui ouvre la route, direction : le mont
Ventoux.
En quelques virages " il " et l'insecte nous lâchent rapidemment et
malgré mon amorto qui joue au trampoline ( excuse #3584 bis ), je
m'efforce de ne pas perdre Bak de vue. Le rythme est calme, enroulé
propre, rhââââââââ !
Pause clope au sommet puis on redescend sur le Chalet Reynard pour aller
prendre la piste qui rejoint le col des Abeilles en passant par le fond
des gorges de la Nesque.
Ceussent qui étaient à la TALR provençale doivent s'en souvenir, c'est
là que Sacrabée avait crevé et que Piou-piou s'était couché. On l'a
juste prise à l'envers ...
Saint Bernard nous avait prévenu que les dernières innondations avaient
" quelque peu raviné mais que ça restait roulant ".
Connaissant le gaillard, on savait d'entrée qu'on allait en chier et on
a pas été déçu :))
La partie facile bien large avec les " whoops " avait été recouverte de
pavasses et les " whoops " ( destinés à drainer la flotte ) avaient été
réhaussés.
Brèfle, là encore je vois les deux malades partir devant dans un nuage
de poussière mais pour moi, pas question de m'en servir de tremplins :)
Arrive la descente dans la Nesque, toujours pas mal de caillasses mais
de gabarit moindre, ça se passe bien.
Puis la montée ... Là effectivement, ça a " un_peu " raviné. Je me
rappellais pas qu'il y avait tant de dénivelé ( en descente pour la
TALR ) pi c'est pété de saignées et de pavasses !!! Préventivement, je
remets 1/4 de tour à l'hydraulique ;)
Pendant qu'on récupère au pied de cette montée, Saint Bernard s'amuse à
remonter le cours de la rivière ( à sec ). On l'entend jardiner
joyeusement au-dessus de nous dans le lit de gros galets accompagné d'un
énorme bruit d'avalanche :)) Ce garçon est fou, ça se vérifie à chaque
fois, mais en plus c'est contagieux !
A son retour nous sommes d'attaque. Il aborde la montée à grands
renforts de travers, projection de caillasse, etc ... Voyant ça, je me
rends compte que c'est le genre de trucs où il ne faut pas tergiverser
pendant 15 plombes sinon on y va jamais. Karine à peine installée
derrière je m'élance devant Scarabée et Bak.
Chose que j'ai regretté immédiatement d'ailleurs, j'ai honteusement
bouchonné mais une fois parti, pas moyen de s'arrêter pour laisser
passer. Désolé Scarab' ...
Je sais pas trop comment décrire ça mais imaginez une piste de deux
mètres de larges qui grimpe fort en sous-bois avec des épingles, le tout
pété de saignées, de pavasses qui roulent, de racines, de rochers qui
affleurent : bref ça secoue !!! L'Africa hurle, bondit et rebondit plus
qu'elle n'avance, d'ornière en rocher en prenant parfois largement appui
sur le talus quitte à se faire gifler par la végétation, je m'efforce
juste de maintenir la roue avant dans la bonne direction et de NE PAS
CALER !!! Bref : gros gaz, quoi.
Jusqu'à maintenant je m'efforçais de préserver Karine en y allant le
plus souplement possible mais là il n'y a pas le choix ... Je la sens
décoller régulièrement de la selle à chaque choc. J'ai à peine le temps
de m'apitoyer sur son sort que derrière ma tête j'entends éclater un
grand éclat de rire qui se transforme rapidement en un fou-rire
communicatif et c'est mort de rire tous les deux qu'on arivera en haut
:))
Je saurais pas dire combien de temps ça a duré, peut-être 1 km ? Le
ventilateur tourne à fond, l'aiguille de t° est encore assez loin de la
zone rouge mais quand même, je ne l'avais jamais vue monter aussi haut
même au Maroc ...
D'un commun accord, l'option " boire un coup à Sault " s'impose
d'elle-même et c'est par de charmantes petites routes que nous
rejoignons la bourgade provençale par excellence : perchée sur un piton
rocheux surplombant des immenses champs de lavandes et avec une terrasse
donnant sur le jeu de boules ;)
Devant qui son diabolo menthe, qui son coca, le programme de la journée
de demain commence à se dessiner ... je crois pas qu'on va la regretter,
la Stella Alpina !
Le retour sur Avignon se fera à un rythme " légèrement plus enlevé ",
m'en suis à peine rendu compte n'ayant toujours pas de compteur de
vitesse :))
De retour à la maison Bak reçoit un coup de fil qui dit qu'il doit
rentrer demain matin. Merdum :((
En attendant, après une expédition ravitaillement au supermarché, chacun
raconte sa journée devant les grillades. Combien de fois Laure-Anne a
vomi dans le 806 dans les gorges de la Nesque alors que " yapa moyen de
les faire plus lentement ", que la différence entre la rd03 et la 07
c'est qu'on peut rentrer plus fort dans les courbes rapides avec la
GML&P, etc, etc ... Brèfle, que de la mauvaise foi et ce jusque fort
tard dans la nuit pour certains :)
Dimanche matin.
Bak est parti aux aurores et le reste de la troupe sera fin prêt aux
alentours de ... midi ( terrible cette chaleur ). La Cuq's family va
visiter Arles et nous ... la Nesque !! :)) Mais cette fois on prend les
bagages, on bivouaquera dans ... une grotte qu " il " connait.
Dans la roue du missile, on contournera le Ventoux et les dentelles de
Montmirail, sur des routes pitoresques, quelques pistes bien roulantes,
le gaillard connait sa région comme sa poche et prend visiblement
plaisir à la faire découvrir. Et il a bien raison : c'est magnifique !!!
De partout ces petits villages accrochés aux rochers, les champs de
lavande, les cyprès, les cigales, le tout innondé de soleil on s'en met
plein les rétines et les narines : rhââââââ !
Vers 15:00, pour le pique-nique, il nous a concocté une surprise : " un
super coin dans les gorges du Toulourenc, il y a juste à remonter le lit
de la rivière sur 300 m mais c'est " carrossable ".
A noter la nuance entre le " roulant " d'hier, le " carrossable " qu'il
nous promet et le " praticable " de ce qu'il avait fait seul dans la
Nesque pendant qu'on soufflait ( le genre de truc où tu tiens pas debout
tellement les galets roulents sur eux-mêmes ).
Brèfle, de la route ( nickelle !! ) qui longe le Toulourenc, une petite
piste nous amène à un passage à gué. Le coin pique-nique se trouve de
l'autre côté un peu plus bas. Saint Bernard s'en va reconnaitre le
terrain pendant que Scarab' et moi on lorgne sur la descente, le trou
d'eau et le reste du lit de la rivière composé de gros galets et de
sable. Jusque de l'autre côté au moins ça devrait aller sans trop de
soucis. Par contre après, ça a l'air plus " technique " ... Derrière les
arbustes, des nuages de poussière accompagné du fracas des pierres qui
s'entrechoquent témoignent de son avancée. Le valeureux Transalp hurle
mais finit par apparaitre au loin, en plein milieu du lit de la rivière
( asséchée ), tanké dans un bon trou apparament. Ça fume pendant un bon
moment, il le secoue et finit par se dégager pour venir nous rejoindre.
Karine émet l'idée de nous rejoindre là-bas à pied :) Faut dire qu'avec
la sacoche réservoir, les deux valises Givi et la tente sur le
porte-bagage, l'Africa n'est pas des plus maniables. Enfin bon, on verra
bien jusqu'où je pourrais aller, dans l'immédiat c'est pas plus
compliqué que ce que j'ai déjà fait : gaz.
Scarabée traverse dans la foulée mais après ce qui nous attend est d'une
autre trempe. Comme l'avaient laissé présager le vacarme du précedent
passage de Saint Bernard, le " lit de rivière asséché roulant ", n'est
en fait qu'une étendue de gros galets " roulants ", mais sur eux-mêmes
!.
Là, Karine ira à pied :) Je m'engage et comme hier dans la montée, dans
ce genre de terrain, s'agit de ne pas réfléchir et de tordre la poignée
des gaz en portant le regard le plus loins possible. A partir d'une
certaine vitesse, malgré le chargement, l'Africa déjauge et encaisse
remarquablement bien les aspérités mais pour changer de trajectoire, il
faut un bagage TT que je suis encore loin d'avoir. S'en suit donc
quelques passages de " pédalage " :)) Arrive le moment où il faut
franchir un monticule de galets et de sable couvert d' arbustes qui
sépare les deux bras de rivière. Pour cela il faut élargir la
trajectoire pour aborder la marche le plus de face possible mais pas
trop et ne surtout pas mollir sous peine de s'ensabler. Saint Bernard
passe comme une fleur, Scarabée un peu plus en force mais sans soucis,
moi ... je jette l'éponge et on les rejoint à pieds :)
De l'autre côté du monticule, le coin est très joli. Le lit de la
rivière d'un blanc pur nous aveugle presque et tranche avec le vert
sombre de la forêt provençale qui le surplombe. C'est sur, on va être
tranquilles ici :)
Pique-nique, trempage de pieds dans le trou d'eau ( très fraiche ),
surveillage de l'unique nuage ridicule porteur d'orage selon certains ;)
on resterait bien là toute l'après-midi ... Mébon, on est venus faire de
la moto, hein !
Pour repartir, même opération mais en sens inverse : ces garçons sont
fous et je suis bien content de retrouver l'Africa dans une zone
praticable.
Nous reprenons la route jusqu'à ...Sault ;)
Re-terrasse, re-jeux de boule mais cette fois les bidochons font le
spectacle, mdr :)))))))
De Sault nous rejoignons la Nesque, arrêt au belvédère pour profiter du
soleil couchant ( magnifique ). Je laisse les deux garnements s'amuser
seuls devant dans les gorges et avec Karine on enquille en mode " je
profite du paysage ". Ils nous attendent à l'entrée de la piste qui
descend au fond. " Vous verrez, c'est " un peu envahi par la végétation
". Plutôt qu'une piste empierrée relativement plate comme celles qui ont
précédé, celle-ci présente deux belles ornières parrallèles comme par
cheu nous, le tout noyé par la végétation. M'enfin, ça n'exclu pas les
pierres et les " CHTONG !! " à intervalles réguliers sur le sabot sont
là pour nous le rappeller.
Le problèmes des ornières, c'est qu'on sait jamais laquelle choisir et
avec les valises, la passagère et des Anakee, l'espoir de pouvoir en
changer rapidemment est quand même assez mince ... J'essaye un moment de
me maintenir sur le monticule central mais régulièrement des pierres
roulantes cachées par les herbes nous en expulsent et une ou deux fois
sous le choc la valise vient heurter le talus. Enfin bon, la descente
est rapidement torchée et nous nous enfonçons maintenant en sous-bois.
Le chemin a presque totalement disparu, doit pas passer grand monde par
ici ... Au bout d'un petit 1/4 d'heure, nous voilà arrivés au bout du
chemin : le lit de la Nesque complètement sec vient le couper en
perpendiculaire. Saint Bernard nous désigne un piton rocheux à 50 m : la
grotte est là.
Bien évidement le gaillard franchit la marche et remonte le lit de
galets, re-vacarme d'éboulement et le voilà qui revient à pied tout
content :)
Au tour de Scarabée maintenant ( moi je la trouve bien garée là où elle
est ;) mais il calera en plein milieu et batterie farceuse aidant : pas
moyen de redémarrer, elle restera là pour cette nuit. On monte les
bagages jusqu'à la grotte à travers les taillis. La cavité doit faire 50
m², des murs de pierres plates ont été montés pour la fermer aux
courants d'air, un âtre, un bar et des banquettes en pierre ont même été
aménagés : le luxe :)
Séance de ramassage de bois, Saint Bernard sort la machette, arf arf, de
vrais aventuriers :)))
Soirée unique à faire cuire les saucisses, à refaire le monde devant le
crépitement des flammes, à suivre l'oreille tendue et le sourire au coin
des lèvres les déplacements de sangliers dans le lit de la rivière,
rhâââââââââ !
Dodo tard cette fois encore, café sur le bleuet le lendemain matin et
voilà le moment de nous quitter, snif ...
Avec Karine nous remonterons sur Lyon en jardinant par la Drôme
provençale, une pensée pour Pôpa en passant à Saillant puis le Vercors
par Die et le col du Rousset, et c'est fini.

Un week-end top, quoi :)
Les photos : http://aschem.free.fr/stella/index.htm

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Aschem