Hugh.

Hier soir je suis allé saluer notre Olive BMW national à StChamond,
histoire de lui apporter quelques DVD et de manger une pizza.
Bon entre trois discussions en même temps il m'avait dit au téléphone
d'apporter un casque un blouson des gants...

Inutile de dire que je ne me suis pas fait prier et que j'ai
rappliqué en désertant lachement le boulot à 16h30 ;)))

Arrivé sur place, on sort les motos du garage, et enfilage des
gants/casques...etc...

Je commence par la R1150 R, Olive enfourchant la R1100 S avec son
pied qui chie et son dos qui coince... cet homme est vraiment taré.
Les échappements carbone made by Recchia donnent une sonorité
métallique aux twins qui se rapproche plus du sifflement des Triumph
que de l'origine teutonne à la mode 2CV.

On part faire les pleins.
Dès les premiers tours de roues, je sens le roadster vivace,
maniable, facile, déconcertant de facilité même... et ce que je
redoutais s'efface : la moto n'est absolument pas lourde!

Remplissage des réservoirs à StChamond, on en met pleing, c'est bieng
les routières ;))
Allez zou, départ vers Pélussin par les routes qui tournicotent,
Olive qui avait bien besoin de se défouler part comme une balle alors
ben je suis bien forcé de suivre ;)
Je mets gaz et là, le couple de tracteur me tire en avant, le coup de
pied au cul est impressionnant, à 3000/4000 trs/min ça part de chez
ça part! En ouvrant en grand j'ai les pieds qui reculent sur les cale
pieds, et faut s'accrocher au guidon! Quel moteur !

Les premiers virolos ne tardent pas, un gauche droite serré en
dévers, j'adore... les cale pieds moins... frotte à gauche, frotte à
droite, merde... Sortie de courbe, gros gaz et là, impressionnant
comme le train avant reste collé au bitûme... La maniabilité
incroyable combiné à la stabilité font du R1150 R un engin plaisant
comme tout sur ce type de route.
La route est plus propre, on met donc gros gaz et je prends mes
marques.
Premier gros freinage et là... incroyable le freinage du tractopelle
bavarois!! Ca freine dur, fort et sans que la roue avant n'ait un
comportement ambigu, quant à l'arrière ça freine!

Après Pélussin direction Maclas, Bourg Argental...
La route est comment dire? Fabuleuse! Revêtement propre, il n'y a
personne alors c'est grosse arsouille. J'ai compris le fonctionnement
du roadster et je m'en sers comme d'un gros supermot. Ca continue à
limer les cale pieds, au diable les tétines de témoin, c'est trop
bon! ;)
Olive imprime un ryhtme comme il en a l'habitude et les rares fois où
je me hasarde à regarder le compteur, on est à des vitesses
franchement pas raisonnables.

Et là je parlerai de l'argument sécuritaire du roadster... N'ayant
qu'une petite bulle sur le phare, la protection est limitée, mais
efficace. Il n'en demeure pas moins que sentant le vent sur les
jambes, on sent qu'on roule vite donc on a tendance à calmer le jeu,
et je trouve franchement que c'est pas plus mal... A 140/150 ou même
parfois plus de 160 sur ces petites routes c'est largement suffisant!

Arrêt bière clope à Bourg Argental et on échange les motos.
Je fais part des frottements intempestifs des cale pieds à Olive et
il relève la moto d'un tour de molette de réglage... Effectivement on
aurait du y penser avant! ;)

J'enfourche donc à présent la R1100 S... Alors la position n'a rien à
voir... Alors qu'on est droit sur la R, on est un peu couché sur la
S, alors qu'on pouvait rouler cool de chez cool avec la R et trouver
ça trop bon pour prendre le temps de regarder le paysage, avec la S
c'est bof. Par contre le guidon de la S est très bien positionné, ni
trop en avant, ni trop en arrière. Gros point noir qui va me gêner
jusqu'au retour sur StChamond : la selle! La partie qui délimite la
selle du réservoir est trop surélevée et ça rentre dans les parties
intimes et dans les fesses, pour quelqu'un qui roule sur le devant
comme moi, c'est très très génant.
Bon allez, on sort du patelin et on retrouve du virage. La moto est
moins maniable (normal), plus physique (logique), bref, je retrouve
un peu le comportement dont j'ai l'habitude sur la SS ou sur les
851/888 (en moins exagéré que sur ces dernières, en moins dur, moins
physique... moins bon quoi! :))

Bien protégé et servi par un moteur scandaleusement linéaire, la S
porte d'un virage à l'autre à des vitesses prohibées sans qu'on s'en
soit rendu compte. Moins de couple que la R, pas le coup de pied au
cul que sur sa soeur, bref c'est du sérieux, ça marche fort,
mais "mal" d'après moi, c'est à dire sans sensations. Le train avant
est le même que sur la R donc parfait. Le freinage par contre est
encore supérieur à celui de la R: le feeling bien meilleur, même si
au total la force de freinage est sensiblement la même. On se rend
compte que les publics visés par ces deux modèles sont diamétralement
opposés : sport pour la S mais sans vraiment d'âme (le sérieux
teuton ! :)) et le fun sans la recherche du chrono absolu avec la R.

Quand on ajoute à cela le look que je trouve magnifique de la R et
moitié super moitié à chier sur la S... pour ma part entre les deux
je n'hésiterai pas une seule seconde pour craquer pour le roadster.
D'ailleurs, au risque d'en choquer bon nombre, je devrai vous avouer
qu'il y a très longtemps que je n'avais pas autant craqué sur une
moto ... En utilisation sportive pure, bien sûr j'ai craqué sur la
SP2 et la Senna. En utilisant fun j'avais craqué sur la T509 de xave
(tu fais chier Xave d'avoir des motos qui me plaisent;))

Mais en moto au sens large du terme (voyage, balade, arsouille, tout
quoi...) aucune moto ne m'avait autant impressionné parmi tout ce que
j'ai pu essayer.

Voilà, il ne me reste plus qu'à gagner au loto la bagatelle de 11250
Euros... :o)))))

Guilheng @ envoûé!