Marc ...


1974 : La cadre était un treillis rouge, les jantes étaient peintes en blanc. Mon père venait d’ôter les deux roues stabilisatrices de l’arrière de mon vélo. J’avais enfin mon premier deux roues. Le premier d’une longue lignée. Déjà un peu fonceur, c’est le nez dans le guidon que je devenais la terreur des bac à sable du parc de l’Orangerie, à Strasbourg. J’avais 3 ans.

1986 : Suite à 3 ans d’incessantes réclamations, de la patience, de la diplomatie et des économies, je passe un pas : un MTX 50, à variateur :o(, bridé (ça se traînait à 45) et neuf. Et c’est le début du rodage. Premier virage, première frayeur, mais je m’en sors pas trop mal (mon visage a du passer par toutes les nuances de vert). A la première révision, le bridage n’est plus (et le compteur approche les 75 ;o) !), à l’insu de mon plein gré ;o). Deux mois plus tard, un pot de kéké Gianelli Power, et c’est les 85 compteur qui sont atteint.

1987 : Mon père s’inquiète de l’usure fréquente de mes pneus. Forcément, entre les arrêts à l’équerre et les stoppies, cela n’arrangeait rien. Mais bon, je savais pas m’arrêter autrement (puis c’était tellement plus fun devant les filles pour le jeune con que j’étais.

1988 : Mon frère, alors âgé de 14 ans m’emprunte le MTX 50 de plus en plus souvent, alors que je me prépare à passer le permis tuture (le conformisme des parents) en conduite accompagné. Un calvaire je vous le dis.

1990 : Tentative de résurrection d’un Yam 125 RD. Après trois mois de bricolage avec mon frangin, on a réussi à lui faire émettre un premier Pêt. 3 mois seront encore nécessaire avant que le Twin 2 temps ne se décide à recommencer à tourner – jolie musique. Mais bon, on a pas pu le garder, il était à un pote au frangin.

1992 : J’ai enfin les ronds pour un permis moto. Mes parents ne sont plus hostiles à l’idée du permis A : mon frangin m’a bien aidé en passant le Al à 16 ans pour aller dans son bahut qui se trouvait fort loin. D’ailleurs, il passe le A en même temps que moi. 3 semaines de leçons, et déjà énormément de souvenirs :

Tout en passant le permis, le jour de mon anniversaire, j’ai eu la chance de trouver l’occasion de mes rêves (enfin, ceux de cette époque là !), avec en plus une immatriculation comprenant mon année de naissance et mes initiales (elle devait être pour moi !): un 400 Bandit rouge, jantes blanches, petit 4 cylindres à seize soupapes, miauleur et joueur, à la zone rouge illuminée en rouge sur des compteur à fond blancs. De nuit, c’était génial : les reflets des éclairages sur le gros phare chromé et la zone rouge aveuglante, cette moto avait tout pour gagner le grand prix des feus rouges strasbourgeois. Au même moment, le frangin roule en GPZ600R, avec un gros Devil qui était tellement ouvert que l’on voyait le jeu des soupapes en regardant par l’échappement. Dans la bande, on roulait fréquement avec un CBR 600 F et un TS 200. On le suivait à l’odeur et la fumée.

1993 : Les Vosges, le champs du feu est devenu mon terrain de chasse favori. A fond, à fond, à fond, telle est ma devise. Le 400 miaule entre 11 et 14000 tours en permanence. Il est biseauté – sans mérite, ça commence à frotter tout de suite – de partout : collecteur, béquille, repose-pieds. Je m’amuse comme un fou avec cette brèle, surtout entre midi et deux, entre deux cours de prépas, par un cours d’arsouille (Les Vosges sont à 30 minutes du bahut, et avec l’aller-retour, cela laisse 45 minutes pour s’éclater).

En juin, j’ai même fait une ballade de folie, avec des potes qui roulent en plus grosses, ornées de RRRRR tout partout. Le but de la ballade : une glace au bord du lac d’Annecy, en passant par les routes Suisses. Je fermais la marche, et pour suivre, j’ai du soigner mes freinages. Mais j’en ai quand même remontré à aux RRR de tout poils qui me précédaient. Je suis rentré erreinté, explosé, ce jour là. Mes parents n’ont pas du comprendre. Faut dire, 1200 bornes dans la journée sur un 400, par des petites routes, fallait que je soit cinglé !

1995 : Le Bandit me rejoint du côté de Grenoble où je continue mes études. Entre deux cours, c’est la Chartreuse, le Vercors ou Belledonne qui m’attendent. Avec des virées qui sont parfois épiques, dans un brouillard à couper au couteau ou de la neige qui tombe à gros flocons. A Strasbourg, mon frère a revendu son GPZ pour un Honda 650 Dominator. J’ai même roulé plus que lui avec cette brèle qu’il a revendu 3 semaines plus tard.

1996 : Les études sont finies, je profite pendant un dernier moment du Bandit. Je m’en sépare avant de partir au service national avec regrets. Mon frangin de son côté roule en ZX-10 Tomcat. Je lui emprunte de temps en temps, quand il m’en laisse la possibilité, lors de mes permes.

1998 : La recherche de boulot m’a mené dans la grande ville (Paris). Je commence à peine à bosser, et je continue de lire Moto-Journal tous les jeudi. Et je rêve de Triumph et de Ducati. Mon portefeuille me ramène vers une Suzuki, plus sage. Un GSX 750 Inazuma sans grande âme qui ne parviendra jamais à me faire oublier le 400 Bandit rouge. Mais bon, je recommence à rouler, et c’est au moment de la NC98 que je finis mon rodage dans les Vosges. Je lisais FRM, mais je ne savais pas que parmi les motards que je croisait ce WE là dans les Vosges, certains étaient à la NC. Un RGV 250 (remplaçant le TS200) et le Tomcat arsouillaient devant pendant que mois je faisais frotter les pare-carters dans tous les virages.

1999 : Trop ennuyeuse, l’Inazuma est revendue pour être remplacée par une Triumph Daytona 955i à la fin du moi de septembre. Mon frère a toujours son Tomcat, sa femme son CBR 600 F et le RGV a été remplacé par un Ducati 750 SS rouge. Je finirai la ballade en CBR 600 F suite à quelques cabrioles avec la Daytona dans un des virages du champs du feu (et pourtant, je le connaissais par cœur ce col). La Daytona est méchament abimée. Elle sera donc remplacée.

2000 : Je rencontre Mash, Xavier, Guilhen et les autres lors de mon arrivée en mission sur Lyon. En février, la libération provient d'une nouvelle Daytona 955i Silver qui arrive dans mon garage. Les Week-ends suivants sont plutôt chargés :

- L'enduro du Touquet, avec pour compagnons un Speed, un 1000 GTS et une GPZ. On ratera de peu l'arrivée sur panne multiples du 1000 GTS (et dire qu'on était parti pour être au départ ! ! !). Qui a dit que les Triumph n'étaient pas fiables ?
- Un court Week-End en Ardèche : après un départ de la grande ville sous la pluie, c'est sous une nuit étoilée que j'arrive à Privas rejoindre certains de nos co-listiers Didier (TRX 850), Guilhen (900 SS Joe Bar), CC et Soph' (passagers), Ludo (TDM 850) et pleins d'autres que j'oublie. J'en garde de beaux souvenir émus avec en particuliers des images de nuit tombante, de soleil, de neige et de routes fabuleuses… Xav' n'est pas là : il a pas été invité par Tromph!
- Début juin, je retrouve quelques Lyonnais pour la NetConcentre en Bretagne (parti de Paris, je les rejoint à Poitiers pour prendre la direction de Nantes et de la Bretagne - on appelle cela le sens du raccourcis)
- Août, je pars pour les Pyrénées pour en repartir presque aussitôt, en direction de l'Ardèche. Que de belles routes malheureusement faites en solo pour finir par rejoindre Lyon où ma moto restera jusqu'à fin septembre.
- 17 Septembre, ballade du Beaujolais. Jamais je n'étais parti en ballade avec tant de moto. Je me rappelle encore des phares allumés dans le tunnel sous Fourvière que je voyais dans mes rétros. 35 bécanes, dont plus de la moitié étaient européennes…
- Mi-Octobre, je rejoins mes co-listiers triumphistes en Ardèche, sous un déluge inoubliable. En fait, cela doit être parce que ce coup-ci Tromph a invité Xavier, et qu'en plus ce dernier est venu. Pour couronner le tout, notre Xavier repart de la concentre de la liste Triumph avec le titre d'Assistance rapide de la Liste (Remarquez, il ne nous a pas fait cuire les brochettes)
- Fin Octobre, c'est les Ardennes, la Belgique et l'Eiffel allemand (et le Nurburgring) qui m'attendent pour un dernier gros Week-end pour 2000. La moto touche ses 25000 km, le kit chaîne est presque bon à changer, et le pneu avant ne vaut guère mieux. Quelques ballades suivront, mais elles ne sont que peu de choses à côté des autres moments vécu lors de cette année…


2001 : Début 2001, ici même, j'écrivais : "Le meilleur est à venir"… Et donc, 2001 a commencé le 2 janvier par une destruction de la PPS (la voiture), le 6 janvier par une fuite du chauffe-eau, et le 3 février par une superbe glissade parisienne à moto dans un tunnel parisien. La Daytona en est quitte pour un lifting et une réparation moteur, puisqu'en redémarrant le moteur j'ai tordu une bielle. Après les réparation, fin mars, je descends la moto sur Lyon (où je suis toujours en mission), et le carénage pars en peinture. Je ne récupère la moto repeinte que fin avril. Elle n'est plus grise, mais orange. Lucifer Orange, comme on dit chez Triumph. Pour le reste, pas de changement. Et les ballades reprennent, en groupe ou en solo. Quelques motos ont changé.

- Février, lors du salon de la moto de Lyon, un groupe d'ami rend le JBT à Guilheng. Une image de bonheur que je ne suis pas près d'oublier. A la fin du salon (une semaine après ma gamelle parisienne), Xavier me tends les clés de la Mantra peinte aux champignons hallucinogènes. J'ai roulé sur "la plus belle moto du monde" ce soir là.
- Avril, Xavier me prette la Mantra pour une semaine. Un grand souvenir : la Bimota couleur champignons hallucinogènes, le casque "Manège Enchanté" bleu nuit, et le regard des passant et des collègues : "Oui, mademoiselle, je suis fou, et alors????" ;o)
- Mai, l'Ardèche, et le Verdon pendant la NC01. Quelques ballades inoubliables : un orage inondant Castellanne, une ballade nocturne en groupe avec retour tardif suite à deux pannes.
- Juin, la mission sur Lyon se termine, c'est avec la ferme envie de revenir que je rentre à Paris, sans ma moto, qui reste dans le garage de Xavier, entourée de quelques copines italiennes… A Paris, c'est la tristesse. Je retourne sur Lyon de temps en temps en TGV pour profiter de ma princesse.
- Juillet, l'appartement parisien est mis en vente. Le WE du 14 juillet est consacré à un Canyoning en Lozère, et une semaine de vacances vient clôturer le mois. J'arrive un jeudi soir à Lyon, pot aux Célestins, avec Xavier et quelques autres. Le lendemain, je prends la direction de Grenoble rejoindre quelques grenoblois un peu fous pour aller au sommet du col du Galibier en nocturne, à l'initiative de Yann (Blue Mouche) et Yoghourt, les amis grenoblois. Dantesque : partis de Grenoble à 19 heures en équipements hiver (au mois de juillet), arrivés au restaurant d'altitude pour la Tartiflette vers 21h30, sortis de table vers 0h30, retour sur Grenoble à 4 heures du matin. A plus de 2000 mètres, en pleine nuit, la Voie Lactée est sublime à regarder. Quand à l'escorte accompagnant à rithme cool le ZZR de Michèle amputé de son cable d'embrayage, c'est un joli balais de phare qui serpente dans la vallée… Un séjour en Ardèche, quelques journées fabuleuses et fin des Vacances.
- Août : deux semaines de Vacances, dont une partie en Italie, avec Michèle et Yoghourt, et c'est encore quelques souvenirs de plus qui s'ajoutent au chapelet déjà bien fourni. Lors d'un passage chez Xavier, j'ai la chance d'essayer le 851 SP2. Marquant, véritablement. Les vacances se terminent par un WE alpin, avec Mash, Olive et Angélique, Olive et Ariane, Bruno et Isa, Isa et Pierre-Laurent, Benoît, et quelques autres… Encore de grands souvenirs, comme la descente des gorges de l'Arly de nuit dans les échappements du ST2 de Mash… C'est avec regrets que je rentre sur Paris le dimanche soir.
- Septembre, le moment marquant, c'est le Cantal Buc(c)olique, à la fin du mois, avec les Triumphistes. Le Cantal, c'est beau sous la pluie, le brouillard, et pas seulement. Quand le dimanche, le brouillard se lève pour faire place au beau temps, c'est fabuleux, je rentre à Paris avec la moto, le retour étant trop tardif pour me permettre de prendre un TGV.
- La saison est presque terminée. Je suis à nouveau parisien pour quelques temps. En Novembre, une rencontre. Elle est bretonne et roule en imitation de ritale… Enfin une offre pour l'appartement…

2002 : Des choses changent. L'appartement est vendu. La Daytona a plus de 40000 km, je pense à une deuxième moto pour garder celle-ci plus longtemps. Je vis maintenant avec Kris. Suite à un accident de moto, son SVS attend chez un concessionnaire depuis quelques temps pour une pièce manquante.
- Début mars, on doit partir en WE en Ardèche. La SVS n'est pas prête et un Speed Triple noir me fait de l'œil chez mon concessionnaire parisien. Je signe. On part en Ardèche avec la Daytona et le Speed Triple. On y retrouve quelques Lyonnais. Encore quelques souvenirs de plus. Un WE en amoureux à deux motos, c'est fabuleux.
- Mi-Mars, Kris a remplacé le SVS par une TT600 ex-cup. Et c'est les Cévennes qui nous attendent.
- Mai : 15 jours de vacances à moto, 4000 km de souvenirs et de virolos dans le Sud-Est de la France. Au retour des vacances, l'ordre de mutation tombe. Lyon, c'est pour le deuxième semestre 2002. En conclusion, je ne sais pas quelle est la suite, ce que je sais, c'est qu'il y a Lyon. Et que Belles et Bielles y est pour beaucoup…